22 mois et demi. C’est la toute petite différence qu’il y aura entre mes deux enfants.
Donc oui, il y avait bien quelque chose à annoncer là et là.
Oui, je vous ai fait des cachotteries.
C’est que tout est si compliqué… cela devrait être plus simple la deuxième fois, et c’est le contraire.
J’ai voulu cette deuxième grossesse. Pas parce que j’en sentais le besoin viscéral comme la première fois, non, par raison. Parce qu’il avait toujours été entendu, entre Monsieur et moi, que les enfants ça marchait au moins par deux, et que deux ans c’était une bonne différence.
J’ai voulu cette deuxième grossesse et, la nature n’y suffisant pas, j’ai revu ma formidable endocrinologue, et ça a marché.
J’ai voulu cette grossesse et pourtant je ne la digère pas.
Littéralement : je souffre de reflux gastro-oesophagien. En plus de la fatigue – la fatigue souveraine, qui vous ferme les yeux quand vous êtes au travail, qui vous empêche de réfléchir, dont vous ne vous remettez pas le week-end – je vis donc depuis le début avec la brûlure de l’acide dans l’estomac, l’œsophage, la gorge (voilà ce qui me faisait tousser !), et même parfois jusqu’au bord des lèvres. Depuis 3 mois, je dors assise. Exit le café-chocolat d’après le déjeuner ou la tisane-chocolat d’après le dîner, remplacés par un infâme pansement gastrique.
Enfin soyons honnête : tout cela appartient heureusement presque au passé, je vais quand même mieux.
Je ne la digérais pas, donc. J’avais peur.
Peur que mon patron me déteste.
Peur de faire de la peine à ceux qui ne peuvent pas.
Peur de ne pas surmonter la surcharge financière et de travail.
Peur de rompre l’équilibre si précieux trouvé avec la co-famille et la nourrice.
Et surtout, surtout, peur de mettre fin à la relation exclusive avec ma fille.
Je sais bien que c’est pour son bien, et pour le mien.
Je sais bien que la co-famille désire aussi un second enfant.
Je sais bien que les solutions existent et que l’école nous soulagera un peu, un jour.
Je sais bien qu’on ne peut pas porter toute la douleur du monde.
Je sais bien qu’un travail, ça ne dure qu’un temps, alors qu’une famille c’est pour la vie…
Et je sais aussi que me plaindre serait un luxe de l’esprit.
J’ai eu tellement de chance… maintenant, il me faut l’assumer.
Maintenant, je souhaite une chose : me sentir mieux et vivre enfin cette grossesse comme elle le mérite. Comme la première. Et commencer à chérir ce bébé qui n’a rien demandé, que j’ai convoqué, et qui a déjà besoin de moi. Et que, pour le coup, son papa aura investi bien plus vite que sa maman.
Les vacances m’y aideront sûrement.