Posted by: Ingrid | Wednesday, August 6, 2008

22 mois et demi

22 mois et demi. C’est la toute petite différence qu’il y aura entre mes deux enfants.
Donc oui, il y avait bien quelque chose à annoncer et .
Oui, je vous ai fait des cachotteries.

C’est que tout est si compliqué… cela devrait être plus simple la deuxième fois, et c’est le contraire.

J’ai voulu cette deuxième grossesse. Pas parce que j’en sentais le besoin viscéral comme la première fois, non, par raison. Parce qu’il avait toujours été entendu, entre Monsieur et moi, que les enfants ça marchait au moins par deux, et que deux ans c’était une bonne différence.
J’ai voulu cette deuxième grossesse et, la nature n’y suffisant pas, j’ai revu ma formidable endocrinologue, et ça a marché.

J’ai voulu cette grossesse et pourtant je ne la digère pas.
Littéralement : je souffre de reflux gastro-oesophagien. En plus de la fatigue – la fatigue souveraine, qui vous ferme les yeux quand vous êtes au travail, qui vous empêche de réfléchir, dont vous ne vous remettez pas le week-end – je vis donc depuis le début avec la brûlure de l’acide dans l’estomac, l’œsophage, la gorge (voilà ce qui me faisait tousser !), et même parfois jusqu’au bord des lèvres. Depuis 3 mois, je dors assise. Exit le café-chocolat d’après le déjeuner ou la tisane-chocolat d’après le dîner, remplacés par un infâme pansement gastrique.

Enfin soyons honnête : tout cela appartient heureusement presque au passé, je vais quand même mieux.

Je ne la digérais pas, donc. J’avais peur.

Peur que mon patron me déteste.
Peur de faire de la peine à ceux qui ne peuvent pas.
Peur de ne pas surmonter la surcharge financière et de travail.
Peur de rompre l’équilibre si précieux trouvé avec la co-famille et la nourrice.
Et surtout, surtout, peur de mettre fin à la relation exclusive avec ma fille.

Je sais bien que c’est pour son bien, et pour le mien.
Je sais bien que la co-famille désire aussi un second enfant.
Je sais bien que les solutions existent et que l’école nous soulagera un peu, un jour.
Je sais bien qu’on ne peut pas porter toute la douleur du monde.
Je sais bien qu’un travail, ça ne dure qu’un temps, alors qu’une famille c’est pour la vie…

Et je sais aussi que me plaindre serait un luxe de l’esprit.

J’ai eu tellement de chance… maintenant, il me faut l’assumer.

Maintenant, je souhaite une chose : me sentir mieux et vivre enfin cette grossesse comme elle le mérite. Comme la première. Et commencer à chérir ce bébé qui n’a rien demandé, que j’ai convoqué, et qui a déjà besoin de moi. Et que, pour le coup, son papa aura investi bien plus vite que sa maman.

Les vacances m’y aideront sûrement.

Posted by: Ingrid | Monday, August 4, 2008

Week-end en Méditerranée

J’aime profondément la Méditerranée. Surtout sur les côtes du Roussillon. Du soleil, une petite brise légère pour atténuer la chaleur, une eau juste assez fraîche pour ne pas se croire dans sa baignoire mais y entrer sans difficulté, une surface calme, sereine et d’un bleu profond, face à une large plage de sable. Presque comme les vacances de mon enfance. Voilà à quoi ressemble mon paradis.

J’ai pris des bains de mer et de soleil. J’ai fait des pâtés de sable, sans doute les premiers depuis 20 ans.

Ma fille n’aime pas l’eau, ça viendra sans doute. Je lui ai acheté un seau, une pelle, un râteau, un tamis et des moules pour apprivoiser le sable, ce drôle de truc qui colle aux mains et aux pieds.

Elle avait bien compris ce qui se tramait. Si indépendante d’habitude, et peu soucieuse de sa maman, elle ne m’a pas lâchée une seconde, elle réclamait mes bras, posait sa petite tête sur mes épaules, s’asseyait entre mes genoux.

Je l’ai laissée entre de bonnes mains : celles de sa grand-mère.

Je ne sais pas qui pleurait le plus à la gare, quand j’ai repris le train pour Paris.

Mais je sais pour qui la semaine sera la plus dure.

Bande-son : Bird Gerhl - Anthony and the Johnsons

Posted by: Ingrid | Thursday, July 31, 2008

Invitée(s) surprise(s)

1984

L’année commence sur une bonne surprise : notre demande de logement social a enfin été honorée. On nous propose un appartement dans une résidence HLM calme, à la Porte de St-Cloud.

Pour mes parents, c’est peut-être un signe du destin. Ça n’allait plus très fort, mais ils décident de se donner une seconde chance.

Nous emménageons donc dans un grand appartement. Le quartier est calme, la rue est toute petite et sans vis-à-vis. De nos fenêtres, on voit la Seine et des cours de tennis. A travers les doubles vitrages, on entend à peine le ronronnement du périphérique tout proche. Il y a quelques stations de plus pour aller à l’école, mais c’est toujours sur la même ligne de métro. Ça ira.

Il n’y a qu’une chambre d’enfants, mais elle est largement assez spacieuse pour ma sœur et moi. Nous dormons dans des lits superposés, ça nous laisse toute la place nécessaire pour les jeux, la lecture, et les devoirs.

Mais bientôt, il nous faudra la partager…

Car contre toute attente, Maman - qui ne pouvait plus avoir d’enfant - attend un bébé.

Et cette fois, pas de surprise : ce sera une troisième fille !

Maman nous amuse beaucoup à faire parler la petite dans son ventre. On pose des tas de questions à son ventre, et elle nous répond avec une toute petite voix. Tout cela est bien mystérieux pour nous.

En attendant, c’est une chatte qui s’invite chez nous. Un jour, mes parents entendent un miaulement derrière la porte. Ils ouvrent. Un chaton boîteux et un peu pelé entre sans demander son reste. Mes parents n’ont même pas besoin de nous pour se laisser convaincre que ce petit être sans défense a terriblement besoin d’eux.

Lorsque nous rentrons de nos vacances à la mer, nous faisons la connaissance de Frida. Elle ne boîte plus, s’est remplumée, et se considère désormais chez elle.

La naissance de la petite sœur est prévue pour début janvier. A l’approche de Noël, tout le monde me dit que je vais avoir un bien joli cadeau de Noël. Moi, j’espère surtout qu’on ne va pas, sous ce prétexte, passer à la trappe les poupées Barbie que j’ai demandées.

Adeline arrive le lendemain de Noël.

Bande-son : Girls just want to have fun - Cindy Lauper

(Edité : j’avais oublié l’arrivée du chat !)

Posted by: Ingrid | Sunday, July 27, 2008

Le Chat de Schrödinger

En vertu du principe d’incertitude, le Chat de Schrödinger est à la fois mort et vivant. C’est de la physique quantique, personne n’y comprend rien, mais en gros les probabilités ne se comportent pas comme en physique classique. Dans le monde quantique, si on met un chat dans une boîte avec une source radioactive, il n’est pas mort ou vivant, il est mort ET vivant.

Dans nos sociétés qui ne laissent pas grand chose au hasard, on se fait parfois Chat de Schrödinger.

On guette la bonne date. Parfois, la médecine s’en mêle, et on connaît à quelques heures près le moment où. Alors on fait ce qu’il faut.

Puis on attend. 14 jours. Une éternité.

Pendant ces deux semaines, on vit pleinement le principe d’incertitude en étant à la fois enceinte et pas enceinte.

Enceinte : on ne boit plus d’alcool, on fait attention à soi, on l’encourage, on signale au médecin son état potentiel.

Pas enceinte : rien de décelable, rien à annoncer aux amis. On peut encore faire des tas d’autres projets ou s’acheter des vêtements.

Pendant ces deux semaines, on est porteuse d’une vie putative qui peut s’éteindre à tout moment ou persister. Au gré du bon déroulement d’une succession d’événements miraculeux : la fécondation, la formation d’une cellule œuf, la migration, la division, l’implantation, le début de la communication, l’acceptation du nouveau corps étranger, la mise en place d’un tube neural, d’un cœur, d’un début de peau…

Tous ces événements ont une certaine probabilité, et toutes ces probabilités se combinent pour donner une probabilité finale, pas très élevée, voire carrément faible.

On espère, on veut savoir, on guette des signes hypothétiques. En vain, car rien n’est encore décidé, tout peut basculer d’un côté ou de l’autre de la barrière. Comme pour le Chat de Schrödinger, rien ne peut lever l’incertitude.

*

PS : cette note traînait dans un coin de ma tête depuis un moment. N’en tirez pas de conclusions trop rapides.

Posted by: Ingrid | Thursday, July 24, 2008

Couturage

Depuis que je suis maman, je fais pas mal de couture. Et c’est chaque fois source d’énervement, voire d’indignation.

C’est que recoudre des boutons, ça ne me passionne pas vraiment.

Et puis surtout, je suis limite scandalisée de constater que, sur les vêtements de bébés, les boutons ne tiennent pas mieux, voire moins bien que sur mes propres vêtements. Souvent, c’est dès le premier lavage qu’il faut recoudre un bouton et renforcer les autres.

A côté de ça, on nous vend et survend des accessoires pour la sécurité des enfants. Des trucs pour bloquer les portes, pour cacher les prises, des barrières amovibles…

A côté de ça, sur les jouets électroniques, le compartiment à piles est fermé par au moins 2 vis. (Pratique : pour remettre le jouet en état, il faut dévisser, repérer le modèle de piles, revisser, acheter les bonnes piles, dévisser, changer les piles, revisser. Autant vous dire que chez des gens organisés comme nous, piles usées = jouet mort).

Et pour être autorisés pour les moins de 3 ans, les jouets doivent subir des tests draconiens et surtout, surtout, ne pas contenir de petites pièces avec lesquelles l’enfant pourrait s’étouffer.

Et cependant, on continue à mettre sur le commerce, y compris dans les plus belles boutiques, de ravissants vêtements pour bébés avec de gros boutons fantaisie (en forme de maison, de poissons, etc…) qui tiennent à peine et que lesdits bébés adorent mettre à la bouche…

Je n’ai pas fini de faire de la couture, moi.

Posted by: Ingrid | Monday, July 21, 2008

Lovely daughter

Bande-son : Lovely daughter - Merz

J’ai toujours bien aimé cette chanson de Merz, sans réaliser qu’un jour… j’en aurais une.

***

Tu as 16 mois aujourd’hui. Tu sais faire pas mal de choses, et tu affirmes un caractère étonnant.

Tu grimpes partout. De préférence là où tu ne dois pas grimper. Debout sur ta chaise haute, tu me défies pendant que j’essaie de garder ma contenance de maman fâchée.

Quand tu es fâchée tu te roules par terre et tapes des pieds. Tu prends des objets et les jettes sur le parquet, de toute ta force.

Quand tu n’as pas envie de dormir, tu jettes par dessus bord tous les jouets qu’on a mis dans ton lit. Puis tu hurles pour qu’on t’en redonne.

Tu fais non avec la tête quand tu ne veux pas manger. Si on t’écoutait, tu ne mangerais que de la viande, des yaourts de brebis, du lait, et du pain. Le reste ne t’intéresse pas.

Tu cours dans l’appartement quand ta petite copine est là. Tu cours avec ton chariot de marche et tu évites les obstacles avec une agilité surprenante. Tu ne tiens pas en place.

Quand tu tombes, tu pleures à peine. Mais l’eau du bain te fait peur.

Tu as enfin compris qu’il ne fallait pas s’approcher du four quand il est chaud.

Quand je te dis bonne nuit, tu m’envoies un baiser avec la main.

Tu fais “mmmmmh” pour imiter la vache. Tu fais bravo. Tu fais les marionnettes. Tu allumes et éteinds la lumière, pourvu qu’on veuille bien te porter à la bonne hauteur.

Tu vas chercher ton biberon ou tes chaussures quand je te le demande.

Tu tends la main quand tu vois que je veux te mettre ton manteau. Tu tends le buste quand je te dis qu’on va l’enlever. Tu passes ton pain d’une main à l’autre pour m’aider à t’habiller - te déshabiller.

Tu tends la main quand je te dis qu’il faut les laver. Mais tu t’enfuies en rigolant quand je m’approche avec ta brosse à dents.

Tu ne pleures plus quand je te mets des gouttes dans les yeux. Tu te laisses faire, bravement.

Quand je te dis qu’on va se coucher, qu’il faut prendre ton canard, tu me suis. En n’oubliant pas le canard.

Ou alors, tu pars en courant à l’autre bout de l’appartement.

Tu as accepté le canard tout neuf, qu’on a acheté pour alterner avec l’autre, sans trop te poser de questions. Tu as bien vu quand même qu’il avait changé, mais tu l’aimes autant.

Tu me réclames des livres tout le temps, et surtout pour dormir.

Parfois, je crois que tu essaies de répéter ce que je te dis.

A table, tu dis “ako ako”, et je comprends que tu en veux encore.
Devant la boulangerie, tu dis “pe pa, pe pa”.

Tu dis “nê” en touchant le nez, et c’est ta façon de saluer ou de faire des câlins…

Posted by: Ingrid | Monday, July 7, 2008

Touchés / Coulés

Sur une suggestion de Le Chat.

*

Acte 1 : Paris, en 1995.

J’habite à Lille et j’ai un petit ami, D, que tout le monde adore. Mais je m’ennuie assez avec lui pour vivre régulièrement un amour platonique. Avec un vendeur de jeans, un prof, ou un vieux copain.

Deux copains de lycée, C et J, sont partis à Paris pour faire leur prépa. A l’internat, C se lie d’amitié avec un garçon qui a un surnom de bonbon (on l’appellera donc le Bonbon). Quand il revient à Lille, il nous raconte sa vie à l’internat, et nous parle de ses nouveaux amis.

Je ne sais plus comment ça commence, mais le Bonbon et moi nous nous échangeons des sachets de thé, par l’intermédiaire de C.

Ma mère et mes soeurs s’en sont aussi retournées à Paris. Alors de temps en temps, j’y vais.

Un week-end, D m’accompagne. On retrouve C, J, le Bonbon et d’autres copains pour une soirée dans un resto du quartier latin, prisé des étudiants pour ses pichets de vin à volonté.

Je n’ai pas parlé au Bonbon, rien de plus que les formalités d’usage. Lui, pourtant, m’a remarquée, et il parlera désormais de moi en employant un nom de code : l’égérie du nord.

Touché-coulé.

**

Acte 2 : Lille, en 1996

C est revenu à Lille pour faire une école d’ingénieur. Je vais à la soirée de son école, accompagnée de D. On se dispute un peu. Je ne remarque toujours pas le Bonbon, venu à Lille pour l’occasion.

Qui demande pourtant à C qui je suis.

Il ne se souvient plus de moi, mais ce n’est pas grave, parce que je lui ai refait le même effet.

Touché-coulé.

***

Acte 3 : Paris, printemps 1997

Je suis descendue à Paris pour les vacances scolaires, sans D cette fois-ci. On passe la soirée dans un bar du quartier latin qui fait des cocktails pas chers pour les étudiants, avec J et plusieurs copains à lui, dont le Bonbon.

J est trop occupé à roucouler avec sa nouvelle petite amie alors pour la première fois, je discute avec le Bonbon. Il est sympa. Il fait du roller, et des statistiques.

Touché-coulé ?

****

Acte 4 : Lille, automne 1997

J’ai enfin réussi à rompre avec D, et j’ai perdu 5 kilos, sans vraiment le faire exprès. C’est comme si je m’étais débarassée du poids de cette relation. Je suis célibataire, c’est la première fois depuis 5 ans, je revis. J’ai tout le temps. Je ne cherche pas à retomber amoureuse.

Nous sommes début octobre, et le Bonbon est venu passer quelques jours chez C en attendant sa rentrée.

Par hasard, lors d’une soirée où je cherche à éviter D, je discute un peu à l’écart avec le Bonbon. On parle de tout, de rien.

C’est très précisément au moment où il me dit que Châteauroux est une ville formidable que je réalise qu’en plus d’être sympa, intelligent, décomplexé et non fumeur, il est très beau.

Touchée-coulée.

*

Epilogue

J’ai pris la main, et j’ai bien fait. Qu’aurais-je pu attendre d’un garçon qui n’avait pas bougé depuis 2 ans ?

Il est patient, c’est une de ses qualités.

Pas des miennes.

Posted by: Ingrid | Wednesday, July 2, 2008

Dans la lune

1983

Je suis bonne élève, mais je suis dans la lune. Ça amuse mes camarades, ça surprend la maîtresse. Et ça finit par inquiéter. Au point que Maman m’emmène voir un médecin.

J’ai le petit mal, une forme mineure et enfantine d’épilepsie, plus impressionnante que grave, qui se manifeste par des absences. Pendant quelques secondes, ma conscience décroche, et mon comportement devient erratique, bizarre.

Pendant une absence, je suis capable de faire n’importe quoi : interrompre ma lecture, me lever, faire le tour de la classe, me rasseoir et reprendre ma lecture sous les yeux ébahis des autres élèves.

Consciente de cette bizarrerie, je redoute leurs moqueries, et je me renferme encore un peu plus dans ma timidité.

Fait exprès ou pas, mes absences surviennent d’autant plus facilement que je suis contrariée. Pour cette raison et pour d’autres, Maman revient à des horaires plus classiques de travail.

A l’école, pourtant, c’est une année merveilleuse. J’ai la maîtresse la plus sympa du monde. D’ailleurs, elle devient copine avec un certain nombre de mamans, dont la mienne. Et elle nous emmène en classe verte. J’attrape des poux, mais j’apprends à cultiver les radis.

Mon camarade Vincent, un des 3 garçons de la classe, n’a pas pu venir parce que lui, il est épileptique, pour de vrai.

Et puis cette année, j’ai décidé d’être baptisée. Sous l’influence du catéchisme, je le réclame à mes parents. Je suis donc baptisée à 7 ans, en même temps que ma soeur, dans la chapelle de notre école.

7 ans, c’est l’âge de raison, et je me déclare aussi apte à prendre le métro toute seule. Pour la fête des mères, je sors acheter des fleurs. Nous habitons dans un quartier commerçant, il y a donc des fleuristes pas trop loin. Mais dans mon univers, le seul fleuriste qui existe est celui qui est à côté de l’école, à deux stations de là.

Je prends le métro, sans consulter personne. A l’aller tout se passe bien. Mais au retour, je me trompe de direction. C’est donc en larmes que je me fais remettre dans le bon sens par des adultes un peu interloqués de me trouver là, seule, dans le métro.

Bande-son : Cargo de nuit - Axel Bauer

***

PS : j’ai tout mélangé. C’est en 81 que je suis entrée en onzième, pas en 82. Il faudrait que je réécrive les cailloux 81 et 82… ou pas.

Vous ne m’en voulez pas ?

Posted by: Ingrid | Monday, June 30, 2008

Aînée

Naître. Grandir entouré de ses deux parents. Vivre seul avec eux, pour eux, et réciproquement.

Et puis un jour, les partager. Définitivement.

J’ai souffert de la naissance de ma soeur. J’ai trouvé mes parents profondément injustes.

Aujourd’hui bien sûr, je suis très heureuse d’avoir une soeur, et même deux (sans oublier les demi-frères et la demi-soeur). Mais j’ai souffert, et cette souffrance m’a façonnée. Et, indirectement, elle a aussi façonné ma soeur.

Maintenant que je suis passée de l’autre côté, je mesure le cadeau que mes parents m’ont fait, de ces quelques années en leur compagnie. Ces années d’exclusivité que je suis la seule à avoir reçues. Et à leur avoir données.

Je mesure aussi les doutes qui les ont peut-être saisis quand ils ont envisagé d’agrandir la famille.

Il faut que je m’apaise. Il faut que je me souvienne que c’est un beau cadeau d’avoir un frère ou une soeur.

Mais j’ai la tête tellement pleine de ma fille que je me demande… serai-je seulement capable d’aimer un second enfant ?

Comment s’émerveiller d’une deuxième grossesse, d’une deuxième naissance ? Comment être aussi attentif à tous les bouleversements du corps et de l’âme, quand c’est du déjà vu, et qu’il y a un autre enfant dont il faut s’occuper ?

Serai-je aussi disponible pour ma fille ? Et elle, me pardonnera-t-elle ce sale coup ?

Posted by: Ingrid | Tuesday, June 24, 2008

Allo Maman bobo…

J’aime bien mon pédiatre.

D’abord, il est toujours à l’heure, il a toujours de la place le jour même, et, fait exceptionnel dans le quartier, il est à un tarif normal. En plus, il ne pousse pas à la consommation et ne voit aucun inconvénient à ce que je passe par la PMI pour les visites de routine et les vaccins.

Je ne vois donc le pédiatre qu’en cas de nécessité. Et encore, le moins possible : à chaque bobo nouveau, j’ai droit à un cours qui m’évitera de revenir la prochaine fois.

Ainsi, pour le premier rhume de la puce, j’ai appris que le rhume viral c’est : 4 jours de fièvre, 4 jours de toux (le matin), 10 jours de nez qui coule. Rien de spécial à faire, sinon laver le nez et donner du doliprane en cas de fièvre.

Pour la gastro (à rotavirus), c’est quelques jours de diarrhée précédée en général de vomissement. Là encore, rien de spécial à faire, sinon de la diététique. On arrête le lait et les produits laitiers tant que dure la diarrhée. A la place, on donne du riz et de la carotte (bien cuits, avec un peu d’huile d’olive, sel et sucre parce que quand même, faut que ça soit mangeable). Et un peu de banane et de pâte de coing. Bébé n’ayant pas très faim, on lui propose aussi souvent que possible. Et bien sûr, on lui fait boire de l’eau.

Pour la conjonctivite, je n’ai même pas eu à me déplacer, il m’a dit par téléphone ce que je devais faire (rifamycine, 6 gouttes par jour).

Si je suis allée le voir hier, c’est que je savais que cette fois, on ne couperait pas aux antibiotiques. La puce avait la gorge très encombrée, le nez qui coulait salement et du pus dans les yeux, de nouveau.

A notre arrivée, il m’explique : un rhume bénin au départ peut se surinfecter et dériver en bronchite, conjonctivite et / ou otite (ça, on y a échappé). En général, pas de fièvre, bébé va à peu près bien, mange correctement et ne se plaint pas trop.

Là encore, il avait tout juste, et je suis repartie comme à chaque fois, soulagée d’avoir si vite réglé la question.

Je pourrais faire un reproche à ce pédiatre : il ne parle pas à ma fille, mais seulement à moi. Peut-être que quand elle parlera, ce sera différent.

Mais il a compris un truc : pour qu’un bébé aille bien, l’essentiel est de rassurer les parents.

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